Je ferais taire ton silence en dévorant tes lèvres, te les mordrais jusqu'à ce qu'un andrinople goutteux suinte sur ton portrait en te donnant un air plus clownesque encore, oublieux du pathétisme ! Je te lacérerais de morsures - des exhalaisons haineuses - sur les traces invisibles d'un de ces sourires sataniques que l'on recouvre de sel pour qu'ils dardent les joues de piqûres, et, louvoyant jusqu'à tes oreilles, elles épargneraientt seulement tes tentacules noirâtres et emmêlées - indolentes ! L'absence n'ayant tué personne, on tenterait avec la présence, de s'abîmer, un instant.
Mes ongles dans ta chair métallique te feraient crier, crisser comme jamais et je grifferais ta peau inodore pour qu'il en gicle -enfin ! un parfum. Je pourrais te saigner et stigmatiser ta dépouille humaine afin qu'il en reste longtemps encore de ces plaies purulentes et infectes qui donnent la vague certitude d'avoir été - au moins ! une marque.
Je brûlerais tes haillons, abandonnerais les miens lubriquement et passerais les mains sur ton corps avec une farouche véhémence pareille à la jouissance de ceux qui se savent une mort imminente et qui profitent, qui profitent ! Ressemblant étrangement à l'audace, la caresse meurtière saurait,elle, ou aller, et que faire sans se confiner dans un rôle gouvernable, ingénu, et regrettable .
Empale-moi !
Dans l'alcôve sordide et négligée, je te sentirais alors plus profondément que jamais, tu pourrais bien crier de cette bouche mutilée, je t'ouvrirai enfin la peau pour ma greffe ordurière : une emprunte dans tes entrailles âcres et sinueuses, puis quelque chose dégoté dieu sait ou, - en ai-je moi-même ? - un semblant de coeur, plus authentique qu'un organe lépreux et étriqué .
Peut-être te recouvrirai-je de gaze, obombrant cependant l'idée que tu renaisses.