31 janv. 2010

Croix de bois, croix de fer.


« Pourquoi jouer tant de notes alors qu'il suffit de jouer les meilleures ? »

Miles Davis

21 janv. 2010

Never seen.


Astre.
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OOH00.
L'intense éphémère se joue de l'éternel inaccesible. Si je jette des fleurs, ce sera violemment. Je verrai leurs pauvres pétales s'effriter de misère, la tête courbée vers le sol, je rirai de cette chute florale. J'ai toujours détesté les fleurs, quelles futilités... Et mes yeux lentement pour ta vie s'empoisonnent.

19 janv. 2010

Black Dog.



" Je vois le meilleur, je fais le pire. "
Gnossiennes.
Je n'ai pas de reflet. Tentative de miroir avortée.
Tout ce que je demande, c'est de la simplicité.

17 janv. 2010

Mépris . Epris . Pris


"Heureux soient les oublieux ; ils surpassent leur bévue."
Je suis le troisième larron, le kit rechange, le remède, le palliatif à la misère, le similé battement, le trop-tard, l'imposteur professionnelle, l'usurpatrice de haut niveau, le cobaye à balayer, le copeau qui errafle, l'excédent de regrets, le surplus de colère, l'ordure inusitable, l'intruse revendiquée, le contre-indiqué, je suis de trop, absolument de trop, balayez-moi, oubliez-moi, libérez-moi, et surtout écoutez-moi.
La théorie du cobaye est née dans les entrailles de mes sombres soirs - entre lucidité et morbidité. Le cobaye, c' est l'humain animalisé pour des raisons précisemment inhumaines. Sa potentialité de ressentir n'est pas admise, oui, il n'a pas de coeur. Dans le laboratoire des sentiments, l'utilisation du cobaye admet n'importe quelles expériences doucereuses-douloureuses, et au bout du compte , vous obtenez une certaine purgation de vos maux, ou la satisfaction d'avoir testé, réussi ou échoué à la grande manoeuvre des sentiments. Mettez des gants en latex, couvrez-vous bien, prenez ce masque, et prônez la suprématie de la manipulation. Le cobaye est usité un temps défini, il est programmé comme une bombe à retardement, un jour, il explosera. Il doit avant toutes choses paraître indolent. Choisissez-le bien naïf. Avec votre blouse blanche de culpabilité et vos accessoires de torture métallique, vous lui creverez les entrailles pour satisfaire le creux qui subsiste en les votres. Le cobaye est celui dont on se joue par excellence. Choyez-le, faites-le donc nager dans une bassine d'illusions. Suscitez le rire, l'émerveillement, l'admiration et tout ces simili malsains chez lui. Puis étriquez-le avec délectation. Faites-le éclater dignement sur la table chirurgicale du sadisme. Dépecez-le de sa vie, puisque vous avez piqué son existence. Racclez-lui les os, rongez-le, faites éclater ses viscères, épinglez-le, foutez-lui quelques coups. Et dégagez vite. Oui, surtout, faites-le décamper rapidement, qu'il n'entende jamais plus parler de vous.

15 janv. 2010

The great gig in the sky.


Etrange combinaison de hasards.
And Winter came at least.

13 janv. 2010

Bright.

Autre Disparition ?

Vous devriez vivre, vous devriez revivre. Pour ceux qui n'ont jamais vécu. Ecoute-moi petite fille, toi qui laisse traîner tes yeux bleus dans mon fouillis de mots amers et veules. Ce ne sont pas mes affaires, vos rayons de soleil mis au placard, vos accrocs encore vifs, mais vous ne devriez pas avoir peur. Et puis mince, peur de quoi ? De vous ? Je serai heureuse que vous ressuscitiez. Bien sûr qu'il y aura du feu, des blessures, des maux. Mais vous revivrez plus forts, plus chatoyants, plus brillants. J'ai tellement peu de foi que je croirai en vous. On a le choix entre ses erreurs, n'est-ce pas ?

Faits divers.


Égoïste ! Tu veux La garder toute entière et pour toi seul ! Toi, qui reproches aux sentiments d'être des cortèges de vanité ! Mais qu'en sais-tu, qu'en sais-tu ? Ah, mais ta gueule, ta gueule ! Ta provocation est un insupportable et tendre écho. Ta gueule ! Que veux-tu lui faire dire ? Il n'y a jamais eu plus puissant ! Jamais. Tu veux qu'Elle le crie ? Pour ressentir la fugace extase d'être magnifié par son exclusivité ? Mais ta gueule ! Elle n'en dira pas plus. Et tu lui dis de se taire parce que tu as peur qu'elle le crie réellement. Tu veux des preuves ? Mais il n'y a pas de preuves. Il y a le cri, c'est tout. Tu n'y connais rien. Ta gueule. Tu ne sais pas que tu saurais faire lever en un instant la fureur ou l'extase chez elle. Quitte ou double ! Tant mieux si tu fermes les yeux, Elle est libre sans toi, dégage. Ah, mais cesse donc cette insupportable et délicieuse provocation ! Elle n'abandonnera pas. Tu n'es pas grand chose, honnêtement, un parmi tant d'autres ! Mais pourquoi toi ? Tu n'es rien, ta gueule, encore une fois. Peut-être est-elle trop présente pour que tu la voies. De toutes façons, il n'y a pas que toi. Elle partira, pour la peine. Salut, vieux, à jamais. Quitter quelqu'un, c'est trop facile. Déjà fait ! Mais avec vous - sans entre vous - c'est étrange. Vous êtes fêlés, rêveurs, intemporels et démembrés. Comme un vieux morceau de jazz. Aveugles et aveuglés. Et on repasse les mêmes sujets, sans jamais les mêmes répliques. Même après mille ans, on ressasse. L'impossible et le possible sont en querelle depuis longtemps. Tais-toi ! Vous dépassez des frontières que vous ne marquez même pas. D'ailleurs, à parler frontières, vous rêvez de voyage chacun en solitaire. Finalement, vous ne vous complétez même pas ! Tu es le recto de son verso, le pile de son face ou n'importe quelle métaphore aussi désagrégée, aussi miteuse. Vous ne vous rencontrerez jamais. Bien fait. Et chacun sais que tu ne te tairas même pas, et qu'Elle continuera à t'écouter, parce que Ton orgueil sublime le sien. Et inversement. Vous devriez les éteindre un instant, juste pour voir.

10 janv. 2010

Miroir.

Et celui qui croit qu'il est jeune et fort, Qu'il dise si l'odeur de ces flammes d'or qui fondent parmi de terribles roses et les calices blancs de ces lys de la mort, pareils à mille trompettes, Est la seule chose dont il ait communication.
Paul Claudel - La cantate à trois vOIX
.
Lorsque mon silence est vide, je le tue. Lorsque mon silence contient trop, je l'assassine. A petits coups de voix, à petits coups de mots, avec des baisers, à gorge déployée. Je brise les occurences baveuses de mon silence néant et de son vide intrinsèque en inventant, en bricolant des phrases fantaisies, lançant anodinement de vérités, en criant des petites pensées qui se trouvaient là, à ne pas vouloir rester planté dans mes limbes psychiques. J'empêche aussi le spasme chantant d'éclater, il n'a pas lieu d'être. Je le tue d'autres paroles, de rires, de notes. Tout est réel, tout est sensé, je ne joue pas ma vie. Mais je ne peux pas tout clamer. Même le sourire raconte trop.
Le silence, buvard de profondeur, buveur de mes brouillards. Peut-être qu'un jour je le laisserai éclater, mais encore faudrait-il qu'on y laisse libre cours. Le libre parcours du silence - ou va t-il ?
Pour l'instant, c'est l'interstice de mots. L'equinoxe de lettres. Et puis, je me fous des mots avortés, j'en ai d'autres en réserve. On peut renoncer aux choses importantes, c'est ce qui leur donne de la légitimité. Je me fous des mots blancs, j'ai d'autres couleurs, et puis quoi, j'aime bien l'hiver.

9 janv. 2010

Libido sciendi, sentienti, dominendi. Ma trinité impie.


Mélancolère - au profit de l'extase.

8 janv. 2010

Mescaline.



Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Eluard, La courbe .



Au diable les métaphores !
Je rêve de lignes épurées
mais elles m'échappent. M'échappent.


On verra - a t-il dit. Mais que pourrait-il voir, lui qui n'a jamais vu. Ce soir là - et d'autres encore, car il ne vit pour l'instant que sa première heure : - il verra des lambeaux féminins, des rayons clinquants, des stucs d'émotion. Sa première heure est un carillon douloureux. Il verra, Lascivement jetées sur des fauteuils de velours, leurs jambes interminables et leurs formes plantureuse - comme elles font mine d'être vivantes et suaves -, puis des lambeaux de satin, de dentelle, de paillettes, combien superficielles ! Il tentera d'apercevoir les téguments sensuels de leur peau douce et voluptueuse dont les parfums grisants ne feront qu'attiser son désir. Il écoutera leur voix rendue rauque par la cigarette ou le ton haut-perché de leur mime charmeur, et elles résonneront la nuit entière sous son crâne fou de désir, comme le gong érotique d'un plaisir nouveau. Il ne verra qu'à peine qu'elles lui tournent la tête comme un alcool capiteux. C'est un jeu dont il peut prendre goût. Goût saumâtre. Il donnera avidement ses lippes pour voler des lèvres qui n'appartiennent à personne et s'entêtera à toucher des corps sans âme, des robes sans corps, à se sentir désiré - belle illusion, car elles sont clinquantes ces petites carcasses pailletées, mais qu'ont-elles d'autres, qu'ont-elles d'autres ? Il verra un monde noctambule et excitant. Seulement ce monde, lorsqu'il ne voit rien d'autre.
En réalité, c'est mille fois plus simple de regarder dans le vide.

"Et tout mon sang coule dans leur regard. "


"Ça n'a rien à voir avec un rêve. Je rêve souvent, mais les rêves, leur réalité je veux dire, s'effacent avec le temps. Mais ça, c'est différent. Le temps a beau passer, l'impression reste vivante. Ça garde toujours, toujours, toujours sa réalité. Ça revient flotter devant mes yeux."

Haruki Murakami, Danse, danse, danse.

6 janv. 2010

Contemporain.


la même chanson, ô perpétuelle cantilène, noircie sans place pour les autres, qui donc, ces autres, c'est une place sans place, car une , deux, trois, quatre, cinq, mais combien d'années, comment savoir, et à quoi bon, moi-même je n'en sais rien, les chiffres ne sont que des chiffres, les lettres ne sont que des lettres, les années se fondent parfaitement à l'éternité, une étoile en sucre dans de l'eau de source, halte à la mièvrerie je ne parle plus d'étoile, je les contemple, donc j'ai cherché un miroir afin de m'y intercepter doublement, un dieu afin de croire, un maître pour admirer, gagner et perdre aussi, puis un ersatz de culture, et j'ai cherché, recherché la musique parce qu'il y avait toujours cette chanson, trois fois, je sais qu'il y aura plus, c'était des cordes roides et translucides, et plus encore, mais perdurait la même chanson, et moi, sous les doigts habiles, malhabiles, je brisai mon miroir et demeurai impie, je voyais l'erzatz avant la culture et me lassai de toutes les autres mélodies, toutes, presques toutes on ne sait pas, et j'étais toujours là, avec mes une, deux, trois, quatre, ô combien d'années d'exactitude, aucun doute, de vie, de cette unique pulsation, d'un creschendo, decreschendo , c'est selon, frémir, frissoner, oui, oui, mais battre la même mesure , impossible, aussi pur, jamais, jamais, du contre-temps, car c'était des ertsatz, des ersatz mélodiques, aussi chéris, volés, méprisés, aimés à mi-mesure, point d'orgue, jamais aussi puissants, aussi grands, aussi simples et euphoniques que ce jamais, car jamais, c'est jamais comme je le sais, je le sens, j'ai toujours su que c'était un jamais et c'est ce qui me fais demeurer, choisir encore, de petits pas, de grands pas, des envolées, et vivre, et vivre, pour ce sempiternelle jamais, sempiternelle romance sans romance, assimilée et dévorée et mangée, à en être malade même, vous ne savez pas, je n'ai pas su le raconter, mais malade oui, des os, os, oserez-vous demander un jour, les romances sont ailleurs ou ne sont pas, question de croire ou de ne pas croire, de ne pas être, merci Hamlet, car je n'ai pas besoin d'un miroir, ni d'un substitut, d'une autre réalité et cependant tout cela, c'est pour combler jamais, a t-on jamais besoin de combler, non, mais vivons seuls vivons cachés avec le monde, les amis et tout ces mots même s'ils vous tuent, les mots pas les amis, tuer le temps, et est-il triste, est-il heureux, moins encore mais il est et c'est tout ce que je demande, un deux, trois, quatre, cinq, ou éternellement, ça a toujours été, reprise, barre de mesure, dès le premier, premier, premier regard et dans la pénombre de l'enfance, ou un obscurité alcyonnienne, j'aime bien ce mot, donc dans la pénombre on ne se voit pas, on ne voit rien et on ne verra jamais, mais qu'importe, c'est tout ce que je demande, l'illusion de ce lapis-lazuli, cobalt, céruléen c'est selon, azur peut-être, parce que l'azur est sans finitude, oui, vivre avec l'illusion d'éternité

Cosmogonie.



Subtils entrelacs d'espoir et de pessimisme.


Elle aime les cadavres. Pas les morts qui sont planqués dans un de ces insuportables silences, les morts qui crient, qui crient, la bouche mutilée, vos souvenirs et vos espoirs, mais les cadavres entièrement figés par la mémoire. Ceux qui ne vivent plus et qui existent encore. Elle choisit avec plus encore de préciosité ses défunts que ses vivants, car chez les morts, il n'y a pas de passants dérisoires. Ils ont la peau tendue comme un cocon charnel, une carapace - ils se sont enfermés -, dont les liens roides et invisiblent incarcèrent les organes macchabés. Cadavres exquis, ils reposent sans paix. Certains soirs, ils tombent malades, lui balancent des échos gris et asphyxiant du présent, mais rassurez-vous, ils sont bien morts. Pour adorer le bel enfer de la vie, il fallait aimer ce paradis mortifère.

5 janv. 2010

Cotton club.


" Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase."

4 janv. 2010

" Enfin, pour se débarasser de lui-même, il sortait. " L'E.S

Je ris de moi. Ou je ne ris pas de moi ; je ris de n'avoir pas été moi car c'était pire. J'étais trop jeune, je ne l'acceptais pas. Je n'étais pas assez désabusée. Non pas que je le fusse devenu par la suite, mais à n'avoir connu qu'une souffrance causa sui, ce n'était pas assez pour me former ce calice salvatoire contre les attaques extérieures. Je me suis brulée à essayer d'être à la hauteur, embourbée dans la peur alors que je me croyais impavide. J'étais de silence - désappointée! , fausse - ignorante de moi-même !, et creuse -je n'osais pas ! Quelques fois, oui, quelques fois j'ai été. Mais ces instants se sont bien vite annihilés, nichés dans l'oubli. J'ai repensé ce matin au devoir d'oubli. Cela fait longtemps. Je n'y crois pas, au devoir d'oubli : tout n'est que volonté. J'ai fait preuve d'une parfaite amnésie lorsque cela m'importait. D'autres fois, feindre l'oubli n'était qu'un mensonge miteux. Je ne suis pas une vieille sage, je patauge sûrement encore dans mes erreurs, mais j'ai appris beaucoup cette année. Nous n'oublions pas lorsqu'une seule même de nos cellules n'y consent pas. La cellule qui suinte le regret. Celle qui déteste. Ou celle qui est dépendante. Mais je ne parle pas de moi. A posteriori, je suis spectatrice de mon échec. Trop jeune, confiné sous un noeud fleuri et juvénile alors que, grand dieux, je ris de moi maintenant. Et quel rictus gêné, grinçant, pauvre ironie ! Je ris de me voir si ridicule en ce miroir. Plus tard, j'aurai été plus saignante, à point.

You learn to go by walking.

J'aurais voulu être brillante. Certains cherchent le bonheur, d'autres l'amour, d'autres la gloire, moi, je voulais le génie, et ma propre médiocrité m'insupporte. Pourquoi est-ce que je ne retiens pas tout ce que je voudrais retenir ? Pourquoi est-ce que j'éxècre tant la lenteur du chemin de l'apprentissage ? Pourquoi est-ce que je suis dénuée de logos ; la raison, logique alors que je sais ressentir ? J'embrasse ma haine de l'échec avec toute la répugnance possible, moi qui voudrais tant l'abattre.
Hélas, hélas, je ne sais rien et plus j'apprendrai, moins je saurai. On se gorge des mots et de leurs concepts, mais à quoi bon, à quoi bon, je suis médiocre, désespérément médiocre et je n'arrive pas à m'élever plus haut que ces infimes parties de connaissance que j'aspire à apprendre. Mon savoir - peut-on parler de savoir ? - n'est fait que de moignons de concepts par ailleurs tellement vastes et tellements ingénueux, que je fais honte au désir d'être cultivée.