
Subtils entrelacs d'espoir et de pessimisme.
Elle aime les cadavres. Pas les morts qui sont planqués dans un de ces insuportables silences, les morts qui crient, qui crient, la bouche mutilée, vos souvenirs et vos espoirs, mais les cadavres entièrement figés par la mémoire. Ceux qui ne vivent plus et qui existent encore. Elle choisit avec plus encore de préciosité ses défunts que ses vivants, car chez les morts, il n'y a pas de passants dérisoires. Ils ont la peau tendue comme un cocon charnel, une carapace - ils se sont enfermés -, dont les liens roides et invisiblent incarcèrent les organes macchabés. Cadavres exquis, ils reposent sans paix. Certains soirs, ils tombent malades, lui balancent des échos gris et asphyxiant du présent, mais rassurez-vous, ils sont bien morts. Pour adorer le bel enfer de la vie, il fallait aimer ce paradis mortifère.