
Je ne me suis pas présentée. Ce n'est certes, pas nécessaire mais je ressens un impérieux besoin de le faire et après tout, un blog n'a rien d'exigible. Dommage, d'ailleurs, on aimerait pourtant bien pouvoir exiger de la lecture, quelques fois. Je veux affirmer et démentir à la fois, je ne souhaite ni habler, ni controuver quelques menteries égocentriques . A la vérité, je suis lasse des apparences fallacieuses et des hypocrisies, c'est tout. J'essaierai d'être la plus simple possible, la plus authentique. Léonard de Vinci dit La sobriété est la sophistication suprême. Axiome intéressant, n'est-ce pas ? Puisse cela être la visée de cet article, j'ai toujours peur de n'en faire pas assez, ou d'en faire trop, et je veux une fois de plus trouver la tempérance.
Regardez, si vous décidez de prendre cinq minutes et de lire ceci. Ou plutôt, lisez-moi, et regardez-moi ! C'est un cliché effroyablement ordinaire, mais l'abracadabrant ne va pas sans l'artifice et je n'en voulais pas. Pas ce soir. C'était à Beaubourg, boyaux de Paris, dont nous ne verrons rien dans cet article. Ce que cet édifice comporte d'intrigant et de génial transparaîtra sûrement dans quelques autres propos. Il n'y a rien que j'aime autant que ce qui me semble artistique, quelque horreur ou magnificence que ce soit. Mais rien ne sert de s'étendre ici. On en reparlera.
Regardez-moi, un instant. Il ne suffit pas des connaître les goûts de quelqu'un pour connaître cette personne. Les deviner, c'est déjà un peu mieux. Vous connaissez bien, ces rêves de voyage, cette obsession carmine, ce bleu spectral, Paris, des carnets , des dessins, une vénération musicale, la flûte, ou ces piles de bouquins qui se distillent dans les rayons de la bibliothèque en voulant n'être jamais oubliés. Mais comme on apprend vite, comme on découvre chaque jour ! J'assimile, je bois toutes ces nouveautés et reste fidèle aux anciennes choses. Comment peut-on s'ancrer en étant si mouvementé ? Être manichéen, peut-être, mais jamais vide ! Je serai blanche, noire, laissons le gris, c'est trop fade. On en reparlera.
Je ne sais pas sur quel pied je danse, mais je veux danser. On me glose. Tant pis. J'ai beau jouer sur cette image, je ne suis pas hautaine. Nous nous trouvons quelques fois à la subtile frontière entre l'instinct juvénile et l'immoralité grondante, macabre. On peut se résoudre à laisser planer le mystère sadique. Je ne hais qu'avec de l'adoration parce que la haine est un sentiment subtilement grandiose - mieux que l'amour - et ne s'adonne pas à tout le monde. Lacérer des souvenirs, c'est amusant. Le thème du jeu revient, et d'ailleurs, je n'aime pas perdre. Ni moi, ni l'autre, ni rien d'ailleurs.
Ce que je vois au delà d'une simple image plastique, ce sont trois lignes abstraites : ambition, sensibilité, passion. Et malgré toutes les contingences, cela ne changera pas. On crachera sur le revers poussiéreux de mon miroir en y traçant les lignes de suffisance, lunatisme et théâtralité. Mais c'est faux ! Je me fiche, de ce que l'on peut dire, pourvu que ça n'atteigne pas les oreilles de ceux à qui je tiens ! Là serait la piqûre et ils le savent très bien. J'ai été tentée de me crever les yeux, d'ébranler mes neurotransmetteurs sensoriels et de m'épierrer l'esprit de façon à n'être plus qu'un bloc de pierre apparent, mais à quoi bon ? Être vraiment, être sans honte, assumer l'existence ; voilà la visée la plus digne. La fibre sensible cailloutée ne me convient pas, j'ai essayé sur quelques modèles apparents d'être flegme et apathique, mais plutôt crever que d'être morte-vivante. J'en ai gardé un léger relent de cynisme, de désillusion mordante et une ironie vertigineuse. Mais ça ne dérange et n'entrave pas la légèreté. J'embrasse ma vérité.
Que voyez-vous ? Sur un fond marine d'une profondeur nocturne, j'ai le regard qui fuit. Je pense à Wilde qui s'enivre de mensonges et réjouit son coeur de fuir la vérité. Est-ce un sort ou un choix ? Scepticisme. J'ai dit que j'embrassais ma vérité. Mais il faut bien inventer, imaginer, idéaliser avant de se confronter à notre réalité.
Que voyez-vous donc ? Il y a dans le paraître une part d'être, m'a t-on dit un jour. J'ai des souvenirs fiévreux et dépouillés. Je m'appelle Camille, ma vérité, c'est une part d'ombre, de lumière, tout ce qu'elle comprend, et qui elle englobe.
Je crois maintenant que j'ai bavardé sans intérêt pendant trop de temps et cette divergence, n'aura pas de suite. N'en parlons plus.