
Il y aura toujours des hauts de coeur. Des hauts de coeur qui exhalent l'acidité, la cruauté, la griffure.
On dit souvent que transgresser ses limites nous aide à les déterminer. Mais les transgresser en les ayant comprises, en les ayant parfaitement identifiées, c'est une cruauté. Pour la vengeance, dit-on. Pour la traîtrise exutoire. Transgressons, n'allons jamais trop loin. C'est déjà trop.
On dit souvent que transgresser ses limites nous aide à les déterminer. Mais les transgresser en les ayant comprises, en les ayant parfaitement identifiées, c'est une cruauté. Pour la vengeance, dit-on. Pour la traîtrise exutoire. Transgressons, n'allons jamais trop loin. C'est déjà trop.
La vengeance naît sous la plaie et croît sur la cicatrice. Il faut bien faire passer du temps avant la perfide floraison. Du néant. Puis, comme une protubérance érigée par le désir malsain, elle fleurit. Elle fait sauter les gonds sanglants de la peau. Pauvre chair ! Pauvre chair pâle et mortifiée par sa propre piqûre ; jamais plus elle ne s'offrira. Voici ma chair, voici mon sang, voici mon coeur. Personne n'aura rien. Elle ne transpire même pas de dégoût tant elle est sèche et glacée. Fleurir .
Lorsqu'on se venge, on s'implose dans la vengeance. L' acharnement nous fait honte et cependant on s'y complaît, dans cette opiniâtre horreur. Fâne-toi. Elle explose et broie la croute aniline du désespoir. Belle vengeance suintant du passé. Vengeance cathartique. Le silence, liquéfié , semble moins rigide. Allez, meurs.
Mais meurs, qui, meurt ? Contre qui se profère t-elle cette vengeance ? C'est nous-même que nous cherchons à remuer, et pourtant nous sommes tout puissants, cette fois-ci.
Transgresser les limites, c'est faire pousser la fleur la plus malsaine au monde, la plus perfide, la plus piquante. C'est bon, j'ai compris ce qu'était une rose rouge.
Transgresser les limites, c'est faire pousser la fleur la plus malsaine au monde, la plus perfide, la plus piquante. C'est bon, j'ai compris ce qu'était une rose rouge.