Je me retourne. Je me retourne, et je vois comme j'ai été prisonnière, moi aussi. Retenue prisonnière sur un îlot de crainte, ou une terre d'errance que j'aurais accostée seule. Là-bas, le temps s'est démantelé et le schéma actanciel de mon existence s'est brisé, laissant place à des fragments singuliers de lutte et de leurre. A la linéarité d'un temps qui me portait auparavant vers des rivages tantôt obscurs, tantôt délectables - pourvu que j'y accoste et ose y vive -, s'est substitué un temps cyclique. J'étais figée par la colère, pour ne jamais céder à l'affliction, mais masquer l'un avec l'autre les a superposé. Etrange. J'aurais pu tisser une trame d'éternité avec cet oubli de vivre. Mais quel intérêt ? Mon attente s'est fissurée, et j'ai repris les armes. Repris, ou rendu d'ailleurs. J'ai rendu les armes face à moi-même et repris le glaive du courage. Si je me bats, ce sera seulement pour quelques joutes verbales ; oui, un noble combat, d'égal à égal. Cette fois j'aurai un adversaire, un vrai, qui ne fuira pas l'assaut avant le triomphe. Je ne me battrai plus contre moi-même. J'ai bien assez nagé à contre-courant dans les souvenirs liquéfiés, bien assez joué pour ne pas être assaillie de joueurs, bien assez imaginé de stratagèmes belliqueux de revanche et de traversée périlleuses sur les braises de l'amertume. Finalement, j'ai simplement voulu reprendre la route. Les armes, je les chanterai. Je choisis la poésie, pour écrire la suite de mon histoire et surtout la vivre. J'avais débuté un blog sur une fin, je le clos sur un départ. A de nouveaux horizons.
17 mars 2010
Le sacre du printemps.
Je me retourne. Je me retourne, et je vois comme j'ai été prisonnière, moi aussi. Retenue prisonnière sur un îlot de crainte, ou une terre d'errance que j'aurais accostée seule. Là-bas, le temps s'est démantelé et le schéma actanciel de mon existence s'est brisé, laissant place à des fragments singuliers de lutte et de leurre. A la linéarité d'un temps qui me portait auparavant vers des rivages tantôt obscurs, tantôt délectables - pourvu que j'y accoste et ose y vive -, s'est substitué un temps cyclique. J'étais figée par la colère, pour ne jamais céder à l'affliction, mais masquer l'un avec l'autre les a superposé. Etrange. J'aurais pu tisser une trame d'éternité avec cet oubli de vivre. Mais quel intérêt ? Mon attente s'est fissurée, et j'ai repris les armes. Repris, ou rendu d'ailleurs. J'ai rendu les armes face à moi-même et repris le glaive du courage. Si je me bats, ce sera seulement pour quelques joutes verbales ; oui, un noble combat, d'égal à égal. Cette fois j'aurai un adversaire, un vrai, qui ne fuira pas l'assaut avant le triomphe. Je ne me battrai plus contre moi-même. J'ai bien assez nagé à contre-courant dans les souvenirs liquéfiés, bien assez joué pour ne pas être assaillie de joueurs, bien assez imaginé de stratagèmes belliqueux de revanche et de traversée périlleuses sur les braises de l'amertume. Finalement, j'ai simplement voulu reprendre la route. Les armes, je les chanterai. Je choisis la poésie, pour écrire la suite de mon histoire et surtout la vivre. J'avais débuté un blog sur une fin, je le clos sur un départ. A de nouveaux horizons.