13 nov. 2009

"Je sens en moi quelque chose de brisé. Peut-être est-ce le désespoir, peut-être le Vermouth."


Et pourquoi tombes-tu ici, toi ?
Mea culpa, je pourrais bien balancer des phrases ordurières, des déjections de petites lettres, des brisures misérables et acérées - si je le pouvais -, j'aurais beau tenter d'écrire n'importe quoi de coupant, mea culpa , ce sera toujours parce que je n'aurai pas le droit d'en écrire le contraire. Rien ne sera plus poli, ni le verre, ni les mots. Ma tendresse haineuse et tout le reste, ces fonds de bouteilles à peine consommées, à peine consumées, rien qu' à noyer dans un verre de Vermouth. Amers, glauques, à ravaler d'un coup - comme un sanglot étouffé ou un breuvage trop sirupeux. Il n'y a plus aucune issue. J'en suis sûre, presque un peu trop tard. Paul Valéry diait La vie ne vaut que par les extrêmes. Et ne dure que par les moyens. Mais il n'y aura pas de moyens. Seuls subsisteront les extrêmes; mon écoeurement enivré, mes brefs remords, comme un breuvage précieux, des remords conservés dans des bouteilles de souvenirs perdus, terrés dans la cave de ton silence. Tant pis. Tant pis, il le faut. Rendez-vous avec autre. Autre verre. Autre fois. A ta santé.