12 déc. 2009

Libre parcours.

Musiques : Sigur Ros - Opeth - Nightwish - Satie.

Pour connaître la félicité, il faut d'abord autant de misère. A moins que le poids du désespoir ne vienne faire plomber harmonieusement les choses après la gloire. Qui sait.
J'aime les silencieux, les inaccessibles, les fuyants, les cruels et les muets. Les morts quoi. Ce n'est pas ma faute. Peut-être ceci n'est qu'un mensonge - protection - cri de ma peur. Peut-être qu'on ne peut pas se passer d'entrecouper ses jours d'un peu de sentiments. D'eau dans le vin. Et chimériquement, je sais ou trouver mon amour. Car chimériquement, on ne s'abîme jamais. Je n'ai pas de coeur. Ce n'est pas ma faute. Avant j'avais peur. Je respirais cellulairement la peur. Je savais pertinemment que je marchais vers mon déclin. Je finissais par l'avoir assimilé. J'allais perdre. Je voulais vivre. Apocalypse. Levée de voile. Mais là, je n'ai pas craint assez. Les craintes sont des estampes de l'inconscient et la peur galvanise. Je dormais avec trop de paisibilité. Ce n'est pas ma faute. La peur fait jouer le rythme cardiaque. Mon rythme s'approchait davantage de la cantilène. Ce n'est pas ma faute.
Je n'aurais eu ni temps, ni tendresse. Rien à donner . Je donne, ne partage pas. Ce n'est pas ma faute. C'est sûrement l'eau dans le vin. Quelle idée d'affadir le carmin. Ceci n'était pas ma faute.
Je ne serai qu'une apparition, c'est tout. Être brumeuse ne me dérange pas. Clac, clac, clac, mes bottes sur le bitume, mes petites mains froides, mon silence désabusé et mon insupportable façon de buter sur les mots. D'en dire trop, puis pas assez. De regarder à droite à gauche pour fuir occulairement. Mais de sourire quand même. J'étais trop présente, trop vive, trop vraie, trop amicale pour être. Ce n'est pas ma faute.
J'aime les sombres rêveurs, les fous, les poètes, les marginaux et les insondables.
Je veux avoir l'extase de choisir ma prochaine fêlure.
Ce n'est pas ma faute. Ce n'est pas ma faute. Pardon.