2 mai 2010

Vous bouclerez vos bouches.


L'éternité d'un seul instant vaut bien l'intemporalité de l'attente.
Mais je crains de la retrouver, froide et solitaire, glacée et silencieuse. Elle, dans la torpeur-torture du néant. Elle, dans les regards-fantômes qui ne rencontrent plus personne. Elle, avec la présence-ectoplasme des passants dans les rues mornes et grises d'un été trop cru. Un été qui déborde jusqu'aux autres saisons, qui coule et suinte vers la mort. Je crains qu'elle ne revienne, folle et violente, forte parmi les faibles et triomphante de haine au faîte de la misère. J'ai peur de m'éloigner et qu'elle ne prenne ma place, méprisante et noire, faite de cendres au lieu d'espoir. Elle me tuerait cette fois. Car il n'y aurait plus personne pour luire derrière sa face translucide et sa bouche décolorée. Aucun faciès d'amour derrière l'amour mort. Déraisonnable Frayeur.