30 déc. 2009

Tribulations.


2010

Je crois bien que cette soirée fut tournoyante. Au fond de l'oeil, j'ai un réveillon mi-figue mi-raisin, à la fois exaltant et doux.

Mes atomes crépitent et mon sang pourtant si froid bouillonne. Mêmes regards, mêmes visages, mêmes pensées lancinantes. On dirait ce passé, présent, futur ; triple vue. La joie du partage et de voir ces têtes chéries réunies surpasse de loin les breuvages. Cécile, Doriane, Klervie, Julie, leurs robes frissonnent d'éclairs argentés et toupillent incessamment. Dansons mes amies, dansons !

Une, deux, trois, les verres s'envolent, les pupilles crépitent, le froid n'existe pas. J'ai mûri cette année, je connais nébuleusement mieux mes limites. Mais le temps des bilans viendra une autre fois. Sur un carrelage hostile, nous tentons l'écriture automatique : tentation de prose ! Avec Lydia, les lignes sont rouges et noires, serties de coeurs puisque nous y croyons si peu, vertigineuses et cocasses. Partout, les rires sont des fusées de liesse. La monotonie a crevé depuis longtemps.

Un, deux, trois. Les verres se froissent, l'iris scintille, le monde est - comme bien souvent - coruscant et mélancolique. Ou peut-être est-ce moi, mélancolique. Comme deux bateaux de même ancrage, Julien et moi nous retrouvons ; noués pour qu'aucun ne chavire. Cousin, ta tête chancelle, je la soutiendrai tant que je pourrai. Cousin chapeauté.

Le temps s'étire comme un soufflet d'accordéon. Un, deux, trois, quelle heure est-il ? Grégoire offre d'autres bulles - sages et princières billes d'or ! Mais quelle heure est-il ? Trois, deux, un...
Bonne année. Serrons-nous dans les bras ! J'envoie valdinguer ma froide distance - corps, corps, corps - et je suis heureuse ! Dansons, vivons, fêtons. La senteur festive n'a rien de faux : elle exhale l'euphorie nocturne. Prudence, prends-garde à ton chapeau !

Nous nous retrouvons plus tard dans une chambre et amarrons nos corps lourds - et nos esprits légers - sur un plancher verni aux senteurs de cire. dans les limbes de discussions diurnes. C'est une histoire fantastique raconte Doriane à mi-voix. Rires demi-clos. On se frôle, on se rive, on se fige. Soupir. On se rive, oui, dans la complaisance d'un petit coin d'amitié, dans l'idée de cette année inaugurale, d'augustes désirs et de rêves singuliers. Surprises et ambition. Les yeux ouverts sur la nuit, débordants d'obscurité confortante, je ne verrai pas ma main tracer les contours timides de derniers espoirs. Mais ceux-là, oublions-les. La nuit sera courte, et je frissonne en attendant le jour.

Bonne année, bonne année.